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SAMUEL GADEA – LIVE/VISION

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SAMUEL GADEA – LIVE/VISION

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SAMUEL GADEA – LIVE/VISION

Le 23 octobre prochain aura lieu la Midweek #7 avec un line up deep/techno des plus alléchant : Makam, John Dimas, Superlate et Ressmoon. Midweek vous invite aussi à venir en prendre plein la vue avec un live visuel assuré par Samuel Gadea, jeune designer graphique, scénographe et performeur visuel, un artiste en devenir mais déjà très prometteur. Rencontre.

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Bonjour Samuel ! Parle nous un peu de toi, d’où viens tu ? Quel est ton parcours jusqu’ici ?
Je suis étudiant en design graphique à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence. Avant de faire ça, je faisais un Bac de communication visuelle sur Grenoble.

Comment es-tu passé du print au mapping et à la scénographie ?
J’ai toujours aimé les deux. Au collège avec des copains, on avait pris l’habitude de faire de gros festivals. Un été on est allé voir les Chemical Brothers. Ça a était ma première grosse claque scénographique.
Puis, lors de ma première année à l’Ésad, j’ai commencé à bidouiller des petites animations interactives sur des logiciels de programmation graphique comme Processing. Au même moment, un ami (Victor Mantel) lança une association dédiée à la promotion des musiques électroniques et arts numériques : Turbulences (http://www.turbulences-valence.fr/evenements.html). Il a eu la gentillesse de me faire confiance lors d’une de ses soirées. Ça s’est plus tôt bien passé et la collaboration est toujours d’actualité.

Quelles sont tes principales influences ?
Les installations et concerts audiovisuels de Ryoji Ikeda, il est pour moi à la pointe du lien qu’on peut créer entre images et sons. 1024 Architecture, UVA et Superscript font également un travail formidable de Stage design et scénographie de concert.

Comment décrirais tu ton travail, ton univers ?
C’est dur d’avoir du recul sur son propre travail. Disons que j’essaye de me concentrer sur des émotions, des textures qui peuvent toucher le public. Je n’aime pas les trucs pleins d’effets avec 10 000 couleurs en même temps. On s’y perd vite et l’addition d’effets provoque l’annulation de la sensation voulue. Je préfère réfléchir à des formes simples, mais qui seront efficaces. Quand je regarde les spectateurs et qu’ils ont l’air hypnotisés, happés à la fois par la musique, la vidéo et la lumière, que tout semble être en corrélation, j’ai le sentiment d’avoir réussi mon travail.

Quelles sont les techniques que tu utilises ?
Uniquement l’ordinateur. Je crée les images en avance sur des logiciels de programmation visuels comme Quartz Composer ou Pure Data. Ensuite, je les importe dans Resolume, un logiciel pour les jouer en live sur lequel j’ajoute des effets et tritures mes animations en fonction de la musique.
Lorsque je vidéoprojette sur des structures un peu spéciales ou que je me sers de LED, j’utilise un logiciel dédié au mapping : Madmapper.

Tu as déjà réalisés plusieurs lives visuels notamment au Glazart à Paris, comment est-ce que tu t’appropries les lieux ?
Avant de m’approprier le lieu, je m’intéresse aux artistes avec lesquels je vais jouer. J’essaye de connaître leurs lives ou leurs tracklist en avance, j’écoute leurs sets sur le net. J’adore travailler en écoutant leur musique, ça m’inspire et j’essaye de créer des images qui se rapprochent au plus possible de leurs univers. Par exemple je ne vais pas travailler de la même façon sur un set techno et sur un set house.
Ensuite, je fais toujours un plan en 3D de la salle dans laquelle je vais jouer pour essayer différentes options de scénographies très rapidement.

Travailler sur le lien et la cohérence entre la musique et l’image est primordial pour toi. C’est un long processus, où en es-tu ?
Primordial, c’est le mot oui. Je ne suis toujours pas complètement satisfait de cette cohérence. Le problème c’est que je ne crée pas ma propre musique, mais je dois m’approprier la musique des autres. Il y aura toujours un décalage – même s’il peut-être infime – entre ce que j’ai envie de faire et ce qu’il est possible de faire.

J’ai cru comprendre que tu n’aimes pas le terme Vjing, pourquoi ?
J’ai le sentiment que ce mot est complètement banalisé aujourd’hui. Beaucoup d’organisateurs de festivals ou de soirées font appel à des “VJ” qui passent “des vidéos trouvées sur le net”. Ils ne réfléchissent absolument pas à une histoire, à ce qu’ils veulent raconter. Ils n’emmènent pas le public dans un univers. Leurs vidéos servent uniquement de vidéos de fond ou d’écran publicitaire. On voit aussi de plus en plus une uniformisation dans la façon d’aborder le mapping sur structure éphémère : des triangles, des hexagones, j’ai toujours l’impression de voir la même chose.
En ce qui concerne mon live, j’utilise le terme “performance vidéo” ou “live vidéo”, car toutes les images que je crée, diffuse, sont issues de ma propre création et que je travaille le plus possible en collaboration avec les artistes avec lesquels je joue.

Sans trop en dévoiler, est ce que tu peux évoquer l’ambiance que tu as choisi de créer pour la Midweek #7 ?
Les formes abstraites et vectorielles resteront présentes, mais je vais ajouter une petite couche de vidéos que j’ai pu faire cet été pour apporter un peu de textures à l’ensemble, amener une touche de “réel” dans un live très numérique.
Pour le reste ça sera surprise !

Quels sont tes projets pour la suite ?
Faire en sorte de réussir mon DNAT cette année. En ce qui concerne mon live vidéo, j’ai pour ambition de travailler avec un musicien/DJ qui veut se lancer dans un live audiovisuel, un peu dans la veine de Gangpol und Mit. D’ailleurs, je lance un appel sur le Mouvement Planant si certains sont intéressés !

Un clip, un film, une track à nous conseiller ?
Sans hésitation John Roberts – Pruned. Poétique, Fragile, une petite dose de mélancolie, tu mélanges le tout, tu obtiens un album sublime.

Et sinon…

…Mens-tu la nuit venue ?
Ça sera à toi de me le dire.

…Un doigt ou ça ?
Dans l’œil de tous les danseurs de Zumba.

…Si on se place entre deux miroirs que se passe t-il ?
Grosse explosion nucléaire.

…A qui appartient l’avenir ?
Aux passionnés, aux insatiables !

…Mais où est passé le temps perdu ?
Dans une petite partie de notre esprit. Le temps perdu est utile à l’acte de création.

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Interview réalisée par Léna DANIEL pour le Mouvement Planant.

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